Les producteurs de lait lancent un ultimatum


Depuis pratiquement un an, la crise du lait fait rage. Cette bataille oppose les producteurs de lait aux centrales d'achat et industriels, accusés de pratiquer des prix trop bas. Dernier rebondissement en date, l'ultimatum lancé par les producteurs aux industriels : ces derniers ont jusqu'au 12 août pour revenir à la table de négociations sur les prix du lait. En attendant la date butoir, ils en appellent au boycott de certaines marques.

“A partir d'aujourd'hui, il y a un compte à rebours qui court jusqu'au 12 août“ pour que les industriels et les coopératives reviennent à la table des négociations, a déclaré Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, principal syndicat agricole français, lors d'une conférence de presse.

Mercredi, la FNSEA, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et les Jeunes agriculteurs (JA) s'étaient réunis pour lancer un ultimatum aux producteurs de lait.

Le secrétaire général de la FNSEA a ajouté que “en attendant cette date, nous allons généraliser la campagne de stickage des produits des industriels qui n'appliquent pas l'augmentation des prix du lait“, Dominique Barrau.

Dans le cadre de cette campagne, déjà lancée dans plusieurs départements, les producteurs sont invités à apposer des autocollants sur certains produits laitiers pour indiquer au consommateur les industriels qui ne rémunèrent pas correctement les producteurs. L'objectif est donc de sensibiliser les consommateurs et de les faire participer, de manière indirecte, à leurs actions. Au mois de septembre dernier, une grande opération de distribution de lait avait reçu un bon écho de la part des consommateurs.

Trois grandes entreprises sont dans la ligne de mire de cette campagne de stickage : Bel (la Vache qui Rit), Bongrain (Caprice des Dieux) et Lactalis (Camembert Président). D'après les producteurs, ces industriels ne joueraient pas le jeu : quand les cours du lait baissent, ils abaissent leur prix d'achat mais à l'inverse, si les cours montent, ils ne répercuteraient pas cette hausse sur les prix d'achat aux producteurs.
Interrogé sur RTL sur cette énième crise du lait, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire s'est rangé du côté des producteurs pour ce qui est des négociations sur le prix du lait : “Lorsque les prix s'effondrent, la répercussion est immédiate sur les revenus des producteurs, qui ont perdu près de 50 % de leurs revenus en 2009. Maintenant que les prix remontent, je souhaite que les producteurs soient correctement rémunérés“. Il ajoute que c'est à l'interprofession (producteurs, industriels et coopératives) de déterminer le juste prix du lait. “Que l'on sorte de ce système où tous les trois mois, il y a une crise sur le prix du lait, ce n'est pas acceptable“, a-t-il poursuivi.

Si rien ne se passe d'ici le 12 août, des représentants syndicaux se rendront dans les sièges sociaux pour “demander des comptes aux industriels qui ne jouent pas le jeu“, selon Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. Néanmoins, aucune indication sur les types d'actions envisagées n'a été donnée...

Emeline Dufour

Source : Europe 1/RTL, août 2010

Photo : Distribution de lait, Place de la République, septembre 2009. © Simon Isabelle/SIPA

Ecrit par:

La rédaction de Doctissimo

Créé le 05 août 2010