La vente d'antibiotiques à l'unité permettrait de réduire de 10% les volumes délivrés


La vente d'antibiotiques à l'unité permet de réduire de 10% les volumes délivrés aux patients, tout en favorisant une meilleure observance des traitements, selon les résultats d'une expérimentation commandée par le ministère de la Santé, consultés lundi par l'AFP.

Conduite de novembre 2014 à novembre 2015 dans 100 pharmacies de France sous l'égide de l'Inserm, l'expérimentation portait sur 14 antibiotiques et leurs génériques.

Conduite de novembre 2014 à novembre 2015 dans 100 pharmacies de quatre régions (Ile-de-France, Limousin, Lorraine, Provence-Alpes-Côtes-d'Azur), sous l'égide de l'Inserm, l'expérimentation portait sur 14 antibiotiques et leurs génériques. Elle avait été annoncée par le précédent gouvernement dans le but de réaliser des économies et lutter contre le mauvais usage des médicaments, en particulier des antibiotiques, leur surconsommation favorisant l'antibiorésistance.

Ses résultats, dévoilés en septembre par la revue scientifique américaine PLOS ONE, "en toute discrétion", comme l'a noté vendredi le Quotidien du pharmacien sur son site internet, confirment les avantages économiques, environnementaux et sanitaires de la dispensation à l'unité, selon les auteurs de l'étude.

Sur les quelque 1.185 patients ayant accepté de participer à l'enquête, 907 ont expérimenté ce type de dispensation (testée dans 75 pharmacies), les 278 autres ayant reçu des boîtes traditionnelles (dans les 25 autres pharmacies).

Dans 60% des cas de vente à l'unité, le conditionnement initial ne coïncidait pas avec la prescription. 

Et la distribution du nombre exact de comprimés nécessaires au traitement a permis de réduire de 9,9% le nombre de médicaments délivrés et remboursés par la sécurité sociale (à 20 en moyenne) par rapport aux volumes délivrés avec les boîtes traditionnelles (23 en moyenne).

La dispensation à l'unité pourrait réduire l'automédication de 1,9%, calculent les auteurs : parmi les répondants, 17,6% ont indiqué vouloir garder leurs antibiotiques non consommés, 10,7% qu'ils pourraient les utiliser sans le consentement d'un médecin.

Un peu plus de 13% des sondés déclarent en outre avoir tendance à jeter les médicaments restants au détriment du recyclage.

Autre enseignement, celui-là "inattendu": la dispensation à l'unité semble contribuer à un meilleur suivi des traitements : sur 984 répondants, 91,4% des patients ayant profité de ce procédé ont été "observants", contre 65,6% des patients de l'autre groupe.

La généralisation de la vente à l'unité aurait un coût (charge de travail accrue pour les pharmaciens, modifications imposées aux industriels), non évalué par l'étude, reconnaissent ses auteurs. Mais elle devrait permettre assez d'économies pour financer des compensations aux parties prenantes, font-ils valoir.

Ecrit par:

AFP/Relaxnews

Créé le 03 octobre 2017

Sources :

The expected and unexpected benefits of dispensing the exact number of pills - Carole Treibich, Sabine Lescher, Luis Sagaon-Teyssier, Bruno Ventelou - 19 Sep 2017 PLOS ONE (accessible en ligne)