Sommeil : les petits dormeurs sont plus à risque de surpoids


Selon une récente enquête de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INVS) et MGEN, les troubles du sommeil et les problèmes de nutrition sont intimement liés. Les mauvais dormeurs sont plus que les autres sujets au surpoids, voire à l'obésité. Découvrez ces liens méconnus avec le Pr. Serge Hercberg, professeur de nutrition et coordinateur de l'étude NutriNet-Santé.

Le sommeil serait un argument de poids pour préserver sa ligne !

L'étude est publiée à l'occasion de la Journée du sommeil, le 27 mars. Menée auprès de 49.086 personnes, elle a été réalisée dans le cadre du programme national NutriNet-Santé, qui regroupe quelques milliers d'internautes volontaires afin de recueillir des informations sur leur alimentation et leur santé.

Les petits dormeurs ont plus de risque d'obésité

Selon ses résultats, les Français dorment 6h48 en moyenne par jour, et un tiers d'entre eux dort moins de 6 heures. Parmi les personnes qui dorment peu, on compte surtout des actifs (61,2% d'entre eux) et de jeunes adultes (30%). Or, “dormir habituellement moins de 6 heures par 24 heures, c'est s'exposer à un risque d'obésité, de maladies cardiovasculaires, d'accident, de dépression“, commente le professeur Damien Léger, président de l'INSV.

Le Pr Serge Hercberg, professeur de nutrition et coordinateur de l'étude NutriNet-Santé nous explique les liens entre surpoids et troubles du sommeil.

Les petits dormeurs comptent d'ailleurs dans leur rang plus d'obèses que les autres. Un temps de sommeil court augmente les risques de grave surpoids de 34% pour les femmes à 50% pour les hommes.

L'obésité augmente les risques de troubles du sommeil

Plus qu'un lien direct de cause à effet, l'enquête montre surtout un phénomène de cercle vicieux. Car l'insomnie est aussi plus élevée chez les personnes souffrant d'obésité, surtout chez les femmes (27% des femmes obèses sont insomniaques, contre 19% chez les non-insomniaques). Le risque d'hypersomnolence sévère et l'apnée du sommeil sont aussi plus présents.

Sommeil de qualité et alimentation saine vont souvent de paire

L'alimentation joue un rôle important sur la qualité du sommeil. L'étude de l'INVS et MGEN montre que les hommes insomniaques consomment moins de fruits et légumes et plus de viandes rouges, ainsi qu'une trop grande quantité de café.

Et dans un complexe effet boule de neige, mal dormir bouleverse aussi le comportement alimentaire. Ces dérèglements perturbent les systèmes hormonal et comportemental. Résultat : on grignote en dehors des repas, notamment la nuit lorsqu'on reste éveillé, et on ressent l'envie d'ingérer des aliments sucrés. Car avec la fatigue, le cerveau sera plus attiré par les glucides, considérés comme plus énergétiques.

Les interactions entre sommeil et nutrition sont donc complexes. La fatigue accumulée et les variations alimentaires s'accompagnent d'une tendance à réduire son activité physique, qui elle-même diminue le métabolisme et augmente le stockage des calories absorbées. Deux grands types de mécanismes, hormonal et comportemental, seraient ainsi impliqués dans le rythme veille/sommeil et le métabolisme et dans un certain cercle vicieux : qui dort moins, a plus faim, grossit, donc bouge moins, dort moins, etc.

Pour tout savoir sur les liens entre sommeil et alimentation, vous réconcilier avec votre oreiller et votre balance, découvrez notre dossier “Sommeil et alimentation“.

Avec AFP/Relaxnews

Ecrit par:

David Bême

Créé le 26 mars 2015