L'étiquetage nutritionnel simplifié permettrait de réduire les risques de cancer


L’étiquetage simplifié des aliments sous la forme de score nutritionnel (traduit par des pastilles de couleur) serait prédictif du risque de cancer, selon une étude menée sur 13 ans. Plus de score est élevé et plus le risque de cancer est important.

Un risque a été établi entre mauvaise alimentation et cancers digestifs.

Plus l’alimentation est mauvaise, plus le risque de cancer augmente

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’étude SU.VI.MAX ont suivi pus de 6 400 personnes pendant 13 ans. Les sujets, recrutés entre 1994 et 1994, étaient invités à répondre à une enquête tous les deux mois, en détaillant ce qu’ils avaient mangé pendant les dernières 24 heures. Les scientifiques ont ensuite calculé le score nutritionnel (score FSA-NSP pour Food Standart Agency Nutient Profiling System) de chaque aliment déclaré, et plus globalement le score que qualité nutritionnelle de l’alimentation de chaque participant (FSA-NSP DI).

Les auteurs de l’étude ont ensuite réparti les individus en cinq catégories selon leur score et analysé des cas de cancers survenus dans chacun de ces groupes pendant les 13 ans de surveillance. Ils ont constaté une augmentation de 34 % du risque de cancer dans le groupe au score nutritionnel le plus bas (qui mange le moins bien), par rapport au groupe au score nutritionnel le plus élevé (dont l’alimentation est de meilleure qualité). Le lien entre alimentation et cancer semble “linéaire“, c’est à dire que plus l’alimentation se détériore et plus le risque de cancer augmente.

Un étiquetage à 5 couleurs pertinent pour orienter les choix alimentaires

Le score nutrionnel FSA-NSP correspond au code de l’étiquetage simplifié : les pastilles de couleur qui indiquent la qualité nutritionnelle des aliments. Ce score calculé pour chaque aliment prend en compte sa teneur en calories, en sucres simples, en acides gras saturés, en sodium, en fibres et son pourcentage de fruits et légumes.

“Simple à calculer, ce score prend en compte les éléments nutritionnels pertinents du point de vue de la santé publique et présents sur l’étiquetage nutritionnel“, explique Dr Mathilde Touvier, qui a dirigé cette étude. “Il sert de base au système à 5 couleurs baptisé 5-C (vert, jaune, orange, rose fuschia, rouge) proposé par les scientifiques et considéré par le Haut conseil de la santé publique comme la signalétique nutritionnelle la plus pertinente pour orienter les choix alimentaires des consommateurs (...).“

Le risque établi pour les cancers digestifs, l'obésité et le syndrome métabolique

Le risque de cancer relevé dans cette étude concerne un risque “global“. Les auteurs n’ont pas pu établir de lien significatif entre alimentation et cancer du sein et cancer de la prostate par exemple. “Le lien avec les cancers digestifs et notamment le cancer colorectal pourrait, à l’inverse, être plus fort“, explique Dr Mathilde Touvier.

Un étude précédente menée à partir des données de la cohorte SU.VI.MAX avait déjà prouvé que les “mauvais“ scores nutritionnels pouvaient être associés à un risque accru de surpoids, un doublement du risque d'obésité chez lez hommes et un risque plus important de développer un syndrome métabolique.

Violaine Badie

Sources :
1 - Prospective association between cancer risk and an individual dietary index based on the British Food Standards Agency Nutrient Profiling System ; M Donnenfeld  & ass ; Br J Nut sept 2015 (abstract en ligne) 
2 - L'étiquetage simplifié, un atout pour la santé ; Communiqué de l'Inserm 21/10/2015 (consultable en ligne)

Ecrit par:

Violaine Badie

Créé le 23 octobre 2015