La chirurgie de l'obésité, seulement en dernier recours pour les mineurs


La Haute Autorité de Santé rappelle que la chirurgie de l'obésité ne doit être envisagée que comme solution de “dernier recours“ chez les mineurs. Ce rappel intervient alors que se multiplient des opérations chez les adolescents en dehors du cadre réglementaire.

En France, on estime que près de 4% des jeunes de moins de 18 ans seraient obèses.

En France, on estime que près de 4% des jeunes de moins de 18 ans seraient obèses. “A cet âge, l'obésité a des effets délétères sur la puberté, le développement osseux mais aussi sur l'image de soi“, reconnaît la Haute Autorité de Santé. Malgré ces conséquences, la HAS a tenu à préciser les rares situations et conditions dans lesquelles une chirurgie peut être envisagée chez un mineur. Ce communiqué intervient alors que ces opérations se multiplient “en dehors du cadre des recommandations 

Privilégier une prise en charge pluridisciplinaire

“Outre les complications cardio-respiratoires (hypertension, apnées du sommeil, asthme, etc.) ou métaboliques (diabète de type 2), l'obésité a, à cet âge de la vie, un retentissement particulier au niveau de l'activité hormonale et de la survenue de la puberté, de la croissance des os et du développement psycho-affectif“, précise la Haute Autorité de Santé. 

Mais l'objectif face à l'obésité de l'enfant, est de ralentir la progression de la prise de poids et non pas forcément de maigrir, insiste la HAS. Il est ainsi recommandé de privilégier une prise en charge associant plusieurs professionnels de spécialités différentes et comprenant une éducation diététique, des conseils sur l'activité physique ainsi qu'un accompagnement psychologique. 

Chez les mineurs, la chirurgie de l'obésité en dernier recours

La chirurgie de l'obésité est une “chirurgie lourde qui peut entraîner des complications graves et des difficultés au quotidien, même plusieurs années après l'intervention“, rappelle la HAS dans un communiqué.

Elle ne permet pas “à elle seule de perdre du poids et n'est efficace qu'à condition de modifier ses habitudes alimentaires, d'augmenter son activité physique et d'être suivi médicalement à vie“, souligne-t-elle.

“Pour ces différentes raisons, la chirurgie bariatrique ne peut être envisagée chez le mineur qu'après l'échec d'une prise en charge pluri-professionnelle bien suivie, régulière et adaptée“, ajoute-t-elle, estimant que cette solution est “envisageable uniquement en dernier recours“.

Pourtant, “certains professionnels de santé ont de plus en plus envisagé cette intervention chez les jeunes“, constate-t-elle.  En 2013, 114 mineurs ont subi une chirurgie de l'obésité, précise-t-elle.

Une solution envisagée en dernier recours

Si toutefois la chirurgie était envisagée, le mineur devra “remplir différents critères“ physiologiques et psychologiques, notamment être âgé d'au moins 15 ans (et au cas par cas entre 13 et 15 ans), avoir atteint un stade de croissance osseuse et de puberté suffisant, présenter un indice de masse corporelle (IMC) particulièrement élevé et avoir une maturité psychologique assurant sa compréhension (ainsi que celle de son entourage) des risques d'une telle chirurgie et de son engagement à vie à des changements de modes de vie et à un suivi médical régulier.

L'adolescent, remplissant ces critères, devra toutefois suivre une phase de préparation “d'au moins un an“, à l'issue de laquelle une dernière réunion entre professionnels validera (ou non) le recours à l'opération ainsi que le type de chirurgie choisi (anneau gastrique, gastrectomie ou court-circuit gastrique dit “bypass“). Compte-tenu du faible recul sur ces interventions chez l'ado, il n'existe pas aujourd'hui d'argument pour privilégier une intervention plutôt qu'une autre.

L'opération devra par ailleurs être réalisée dans un centre spécialisé obésité “à compétence pédiatrique ou en lien étroit avec celui-ci“.

David Bême

Sources :

Communiqué de la HAS - 30 mars 2016

AFP/Relaxnews

Ecrit par:

David Bême

Créé le 01 avril 2016